William Klein, mort d’un photographe hors des clichés

Enfant il se rêvait peintre et devint un monstre sacré de la photographie. Disparu le 12 septembre, à l’âge de 96 ans, William Klein bouleversa la pratique photographique, shootant hors des cadres habituels images documentaires ou clichés de mode.

S’il fallait choisir une image dans la fresque grouillante d’énergie de son ouvrage, New York (1956), ce serait le cliché de ce gamin grimaçant, faisant mine de braquer le photographe avec son revolver en plastique. Sa violence est tempérée par la présence d’un autre enfant qui regarde la scène avec calme. La photo est devenue une icône. On peut aussi y voir un autoportrait de William Klein, mort ce 10 septembre à l’âge de 96 ans, qui saisit les rues de sa ville natale au grand-angle, l’objectif qui s’ouvre comme une gueule afin de dévorer les passants. Pour lui, la photographie est une prise de pouvoir. Celle d’un insurgé empreint d’une colère meurtrière contre les Américains. Avec ce livre, qu’il réalise lui-même à partir de photocopies de ses images publiées sans marge, pour mieux engloutir le lecteur, le jeune homme qui prétendait « vouloir faire quelque chose de vulgaire » va bouleverser la photographie d’après-guerre.

Né en 1926, William Klein a grandi à Brooklyn, au sein d’une famille d’immigrés juifs hongrois. Enfant, il se jure de devenir peintre et de s’installer à Paris, alors capitale des arts. À l’issue de son service militaire dans l’Allemagne occupée par les Alliés, il tient parole. À peine arrivé dans la Ville lumière, il suit brièvement les cours du peintre cubiste André Lhote (1885-1962), puis ceux de Fernand Léger (1881-1955). « Sortez de l’atelier, l’art est dans la rue. Dehors ! » lui intime ce dernier. L’injonction le dope, alors que la photo s’impose à lui. « Mes premiers clichés étaient abstraits. En 1952, j’ai eu l’occasion de voyager un peu en Hollande. Dans l’île de Walcheren, où Mondrian a passé la guerre de 14, j’ai trouvé des fermes goudronnées en noir. Les contours des fenêtres, les portes et quelques lignes presque gratuites étaient peints en blanc. Ça ressemblait pas mal à des Mondrian ! J’ai photographié ces façades et, en chambre noire, j’ai inversé les négatifs. Cette série est parue dans Domus et plus tard dans Vogue, en 1953. C’étaient mes premières photos publiées. »

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