Rendez-vous chez le médecin non honoré : faut-il faire payer les patients qui n’annulent pas ?

Des délais qui ne cessent de s’allonger pour obtenir une consultation chez un médecin et de plus en plus de patients qui ne préviennent plus lorsqu’ils ne peuvent pas se rendre à leur consultation. Un syndicat de praticiens dénonce cet incivisme et lance une pétition pour modifier la loi afin que cet oubli soit facturé. Explications.

Selon les données de l’UFML, l’Union française pour une médecine libre, plus de 28 millions de rendez-vous médicaux pris ne sont pas honorés chaque année. Un paradoxe quand on sait que les urgences hospitalières souffrent d’une augmentation des entrées avec 21 000 000 de passages par an et que les listes d’attente ne cessent de s’allonger pour obtenir un rendez-vous.

Plus de 8 000 signatures en ligne

Ce chiffre effarant fait bondir et provoque la colère des professionnels de santé qui ont décidé de mettre les pieds dans le plat et de partir en chasse contre les lapins posés par les patients… sans prévenir et alors que les délais s’allongent pour pouvoir obtenir un rendez-vous chez un praticien.

“Incivisme”

La pétition en ligne a déjà rassemblé plus de 8 000 signatures. À cela s’ajoutent des affiches à télécharger pour les mettre dans les salles d’attente… Le Syndicat des médecins libéraux va, lui, encore plus loin. “Cet incivisme doit faire l’objet d’une pénalité financière”, propose l’UFML, le Syndicat professionnel de médecins généralistes et spécialistes. “C’est un vrai problème qui doit être enfin résolu”, complète auprès de Actu.fr le Docteur Philippe Vermesch, président du Syndicat des médecins libéraux (SML).

Changer le Code de la santé publique

Mais pour que la facturation des rendez-vous non honorés puisse être autorisée, il faudrait changer l’article R.4127-53 du Code de la santé publique, car celui-ci est clair : “Des honoraires ne peuvent être réclamés qu’à l’occasion d’actes réellement effectués même s’ils relèvent de la télémédecine”. 

Alors, certains praticiens mettent en place leur propre organisation, allant jusqu’à indiquer, par exemple, dans leur salle d’attente, qu’au-delà de trois rendez-vous pris et non honorés sans avoir prévenu, ils se réservent le droit de rayer le patient de sa patientèle.

“ll est urgent de mettre un terme à ce qui apparaît, comme une dérive consumériste du soin qui impacte chaque jour l’organisation du soin et l’activité des médecins de ville et retentit sur celle des urgences hospitalières”, détaille la pétition en ligne. 

“Mais notre volonté n’est pas de combler le manque à gagner que représentent ces rendez-vous. L’argent recueilli servirait à alimenter un fonds pour lutter contre les déserts médicaux”, fait valoir Jérôme Marty, le président de l’UFLM, sur BFM.

SMS de rappel, prépaiement pour les nouveaux patients…

Par exemple, des médecins libéraux d’Île-de-France proposent comme solutions une campagne nationale d’information sur l’accès aux soins, la systématisation des SMS de rappel de rendez-vous 24 heures en amont, l’impossibilité de prendre deux rendez-vous simultanés dans la même spécialité sans avoir annulé son premier créneau réservé, la mise en place d’une option de prépaiement que les médecins pourraient volontairement activer notamment pour les prises de RDV concernant les nouveaux patients n’ayant jamais consulté le praticien.

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