Projet de résidence seniors rue Buffon à Carcassonne : les porteurs du projet à la rencontre des riverains

Cette réalisation, dont le chantier doit débuter au plus tard durant le premier trimestre 2023, prendra place sur l’actuel complexe Marius Caussé, au pied des jardins partagés. L’avenir de ces derniers était source d’inquiétude depuis plusieurs semaines : ce mardi 6 septembre, les représentants des sociétés Réalités et Heurus ont échangé sur place avec des jardiniers du site.

La levée de boucliers cédera-t-elle la place à une entente mutuellement profitable ? C’est en tout cas ce qui semble se dessiner du côté de la côte Buffon, ou tout au moins ce vers quoi souhaitent tendre les différents acteurs directement concernés par le projet de la résidence seniors “Estrella”, appelé à se substituer à l’actuel complexe Marius Caussé. Pour rappel, la nouvelle de cette réalisation avait suscité dans un premier temps un certain émoi, lié d’une part à la disparition d’un site “historique”, et d’autre part au devenir des jardins partagés surplombant les lieux. Les usagers de ces derniers, tout comme des élus de Carcassonne citoyenne écologique et sociale, s’étaient même mobilisés sur place à plusieurs reprises pour exprimer leurs craintes. L’appel a manifestement été entendu : ce mardi 6 septembre, les personnes présidant désormais à l’avenir du site sont venues à leur rencontre.

D’un côté la société Réalités, en charge de l’achat du terrain, de l’obtention du permis de construire et de la réalisation ; de l’autre Heurus, société prenant ensuite le relais pour gérer la nouvelle résidence. Deux entités, affirme-t-on, déterminées à s’implanter localement pour longtemps. “On n’est pas dans une logique ”on vient, on construit et on s’en va”, insiste Christophe Noël, directeur général délégué de Réalités, en charge du grand Sud. Vision corroborée par Michel Allanic, vice-président d’Heurus. “Notre fil directeur, c’est de participer à un développement intelligent d’un territoire, ce qui implique d’être à l’écoute de ses acteurs”. En l’occurrence, ici, des “voisins” de la résidence appelée à sortir de terre dans les deux ans.

Places de parking et rampe d’accès

Ce mardi matin, deux représentants des jardiniers étaient ainsi présents, tout comme l’élu Jean-Claude Belmas (entretenant aussi, de surcroît, une parcelle). Les échanges ont ainsi porté sur les principales incertitudes… et point par point, les porteurs du projet se sont attachés à rassurer leurs interlocuteurs. “D’entrée de jeu, tout le monde est tombé d’accord sur le fait qu’il fallait garder les jardins”, indique Christophe Noël. Une volonté de préserver un environnement existant qui s’inscrit aussi dans une forme de cohérence : “Les locataires de nos résidences ont une moyenne d’âge de 87 ans, précise Michel Allanic. Je préfère largement qu’ils aient vue sur des jardins potagers plutôt que sur une voie ferrée !” Alors pour que les cultures perdurent, les responsables renouvellent leurs engagements.

Les responsables se sont aussi rendus dans les jardins partagés.
Les responsables se sont aussi rendus dans les jardins partagés.
L’Indépendant – NATHALIE AMEN VALS

“Les jardiniers disposeront de quatre places de stationnement réservées dans le parking de la résidence, au pied d’une rampe d’accès qui leur permettra, notamment, de monter des engins motorisés de type rotovator, mais pourra aussi servir d’accès aux secours si nécessaire”. Quant à la station de pompage garantissant l’accès à l’eau, elle sera conservée. “Nous profiterons simplement de la période hivernale, où les jardiniers n’arrosent pas, pour dévoyer des tuyaux sous le bâtiment”, précise Christophe Noël. Tout devrait être en ordre pour le printemps… et à terme, il n’est pas exclu que des seniors d’Estrella viennent eux aussi, occasionnellement, bichonner quelque plantation.

Notre démarche est légitime, noble, et elle a du sens

On l’aura compris : la création de cette résidence devrait se faire sans heurt. Et si les porteurs du projet ont conscience de se substituer à un site localement riche de sens, ils invitent aussi à penser à l’après. “La vie d’une ville passe aussi par de nouveaux projets, et socialement il est aujourd’hui important de songer à la prise en charge de nos aînés, estime Christophe Noël. Notre démarche est légitime, noble, et elle a du sens. Certes on ne conservera pas le bâtiment, mais les jardins resteront et nous apportons dans le même temps du service à la personne et de la création d’emploi”. La résidence devant compter en effet “25 salariés à temps plein, recrutés à Carcassonne”. Pour Michel Allanic, “le complexe Marius Caussé revêt une valeur sociale et sentimentale, mais pas architecturale : notre résidence pourra acquérir cette dimension patrimoniale”.  Une autre manière de s’inscrire dans le paysage local.

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