“Oui, je veux continuer à débourser 138 euros !” Vos cris du cœur pour défendre l’audiovisuel public

Remontés, désolés, transis, poétiques… Vous avez été très nombreux à répondre à l’appel de “Télérama” pour défendre l’audiovisuel public après la suppression de la redevance, fin juillet. Voici une sélection de vos contributions.

De mémoire de Télérama, on a rarement vu ça. Vous avez été plusieurs centaines à nous envoyer votre « Lettre à l’audiovisuel public » à la suite de l’appel lancé le 31 août dans nos colonnes et sur notre site. Des mots comme autant de marques d’affection, voire de cris d’amour, qui montrent la place si singulière qu’occupent les chaînes et radios publiques dans vos vies. Comme pour cette lectrice, dont la journée est calquée sur les programmes de France Culture, puis d’Arte. Ou ce lecteur qui, plus jeune, regardait Apostrophes en famille, écoutait seul dans sa chambre Le masque et la plume et s’est ouvert à la culture. Ou cet autre, encore, qui ne paie pas d’impôts faute de revenus suffisants mais trouve normal d’acquitter la redevance quand « on écoute la radio publique du matin au soir ». Les chaînes publiques constituent parfois la seule distraction, la seule fenêtre ouverte sur le monde. Mais tout ce bel édifice, fruit d’une histoire de plus de soixante-dix ans, est en danger.

Au beau milieu de l’été, les députés ont voté la suppression de la redevance, sans aucun débat. C’est une fraction de la TVA qui financera désormais l’audiovisuel public. À quel niveau ? Et pour combien de temps ? Nul ne le sait. Sans ressources affectées, pérennes et dynamiques, France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, Arte France et l’INA sont en péril. Et dangereusement fragilisé le service public au moment où l’on doit plus que jamais lutter contre les fausses nouvelles, disposer d’une information indépendante et de qualité, soutenir la création française et développer l’éducation aux médias. Qualifié un temps de « télé de la honte » par Emmanuel Macron pour son coût prétendument exorbitant, le montant total de son financement ramené au nombre d’habitants ne place pourtant la France qu’au quatorzième rang européen, loin derrière la Suisse, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Alors que l’avenir de l’audiovisuel public et des moyens qui doivent lui être consacrés mérite des échanges sérieux et approfondis, tout a été escamoté. Pourtant, des solutions existent pour assurer sa pérennité et son indépendance, comme le prouvent certains de nos voisins européens. C’est ce débat que nous voulons relancer, à l’heure où la loi de finance fait son retour au Parlement.

« Si Madame Le Pen arrive un jour au pouvoir, on lui aura préparé le terrain pour instaurer   rapidement l’équivalent de la télé polonaise ou hongroise, totalement inféodées au pouvoir », prévient l’économiste Julia Cagé. La défense du service public est un sport de combat. Continuons de le mener ensemble.


« Le thème résonne fort, alors écrire oui, mais viser l’essentiel. Pour cela je vais convoquer ceux qui m’ont aidée à grandir, à m’informer, à me distraire, à m’interroger, à me révolter, à rire, à rêver, à bouger, à aimer, bref, à VIVRE. Ça a commencé avec Claude Villers, Pierre Desproges, José Artur, Jacques Chancel, Ève Ruggieri, Jacques Pradel / Françoise Dolto, Stéphane Paoli, Jean-Louis Foulquier… Aujourd’hui parmi mes « chouchous » , je citerai Rebecca Manzoni, Fabienne Sintes, François Busnel, Bruno Duvic, Laure Adler, Charline Vanhoenacker et Daphné Bürki. Il y a toujours beaucoup de France Inter dans mes références, mais davantage de télé et, chouette, plus de femmes !

Le service public, c’est ça pour moi : qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation, des transports ou encore de l’information et de la culture, j’y crois terriblement. J’en ai besoin dans mon quotidien et mes valeurs de femme et de citoyenne. Je crois à tous ces gens investis et professionnels qui tirent vers le haut. Mais, pour cela, il faut des ressources pérennes et indépendantes.

Je m’insurge avec la plus grande énergie contre tous les coups qui ont été déjà infligés aux services publics au cours des dernières années, tous gouvernements confondus. En s’attaquant à la redevance, on voudrait asséner le coup de grâce à notre audiovisuel public qu’on ne s’y prendrait pas autrement. »

Spéki / Catherine Sponchiado


« […] Mes revenus ne sont pas suffisants pour que je paye des impôts mais j’ai toujours trouvé normal de payer une redevance pour l’audiovisuel public, j’écoute la radio du matin au soir, les podcasts me permettent maintenant de choisir mes émissions. Je trouve normal de payer une place de concert, de cinéma, de théâtre pour un spectacle qui dure deux heures en moyenne, alors pour mes huit heures de radio, combien aurais-je dû débourser ? »

Dominique Ledoux


« À 17 ans, j’avais derrière moi une scolarité de cancre, mais tous les dimanches soir j’écoutais, seul dans ma chambre, Le Masque et la Plume sur France Inter, comme plus tôt en famille (d’ouvriers), tous les vendredis soir, Apostrophes, de Bernard Pivot, et je m’abreuvais de culture sur la station France Culture. J’avais de la chance. L’intelligence était à portée de main. Désormais, tout ce système qui participait à enrichir l’esprit critique des citoyens risque d’être anéanti. »

@kzerphii (Kzerphii Toomk)


Cher Télérama, vous vous interrogez, « Qui veut la peau de l’audiovisuel public ? », et je réponds « Les mêmes qui veulent la fin des services publics. »

Ces institutions, qui ne doivent pas être démantelées et auxquelles nous pourrions ajouter de nouvelles compétences (l’eau, le logement, l’énergie et les communications, qui ont été bradés…), ont été pensées et créées pour tenter de diminuer les fossés en matière de revenus, éducation, santé, culture, etc., de façon à construire une société plus juste et tendant vers plus de liberté et d’égalité.

L’éducation, et singulièrement l’information, est au cœur de tout projet visant l’émancipation individuelle et la mobilisation collective, sans lesquelles il est illusoire de penser changer la société […] »

Joëlle Noguère


« Gamin, il me semblait impensable de regarder les chaînes de France télévisions avec leurs reportages de fond, encore moins d’écouter des radios comme France Inter. Il s’agissait pour moi de programmes écoutés par des personnes sans âge ne sachant pas s’amuser. Aujourd’hui dans ma quarantaine, j’ai bien compris que nulle émission de la qualité des celles du service public n’existait dans les bouquets privés. Et il me semble normal de régler ma redevance pour conserver ce bien fondamental. Ne supprimons pas cette liberté d’expression et cette qualité de programme au nom de mesures populistes ; a-t-on besoin de tirer la culture encore vers le bas ? Les médias privés le font déjà suffisamment, bien inutile de les aider ! »

James Ougier


Sur une radio publique, quelqu’un avait dit (je ne me rappelle plus qui, et c’était il y a une trentaine d’années…) que la radio était « l’Université de la toile cirée », et pour moi c’est tellement ça… Sur l’audiovisuel public je trouve ce que je cherche et ce que j’aime : des émissions intelligentes, sensibles et un miroir d’une société respectueuse des personnes.

J’y trouve des émissions qui me rendent plus « savante ». J’aime parce que clairement en amont les sujets ont été travaillés, pensés, fouillés et en aval les intervenants sont bien choisis, compétents et le tout dans un souci de rendre compréhensibles même les thèmes compliqués. La durée des émissions permet aussi de développer, replacer dans son contexte, analyser, bref faire un travail professionnel, Il y a même des émissions qui arrivent à m’intéresser alors que le sujet ne m’intéressait pas forcément au départ, c’est fabuleux !

“Je fais partie des classes très moyennes, mais je suis vraiment prête à continuer à payer une redevance, car cette qualité d’émission n’a pas de prix.”

En fait ce doit être la magie des personnes. Sur l’audiovisuel public, on sent qu’on a affaire à des journalistes et des intervenants qui ne sont pas là « en représentation », pour « faire le show », mais pour bien faire leur travail, on a l’impression qu’ils aiment faire ce qu’ils font, partager, et qu’ils croient en ce qu’ils disent.

Justement, sur l’audiovisuel public j’aime parce que les journalistes et les intervenants interagissent dans une ambiance calme, sereine, souriante, bienveillante ou au pire neutre !! loin des invectives etc., des rires forcés, irrespectueux, insupportables.

J’aime aussi l’éclectisme, des tas d’émissions pour tous les goûts, pour toutes les humeurs !

Je termine en disant que je fais partie des classes très moyennes, mais je suis vraiment prête à continuer à payer une redevance, car cette qualité d’émission n’a pas de prix. »

Isabelle Exbrayat


« Ce n’est pas une Lettre à France que j’écris aujourd’hui, et pourtant.
 Pourtant ne serait-ce pas être loin de nous-même, de notre unité, de nos valeurs communes si un audiovisuel public varié et de qualité n’était plus garanti ? 
Les journaux (papier, radio, télé, web…) pourraient-ils continuer à nous offrir un vrai regard sur l’information, une véritable analyse sans un financement stable et pérenne ?

Alors oui, l’audiovisuel public n’est pas toujours le plus beau, et oui nous pouvons lui être infidèles car d’autres chaînes et stations produisent aussi des contenus de qualité et la richesse d’un être c’est aussi la diversité de ses sources d’information.

Mais le financement stable et transparent de l’audiovisuel public, c’est ce qui fait sa différence. Celle qui apporte de la diversité. Celle qui apporte de la qualité. Celle qui apporte de la connaissance. Celle qui apporte une ouverture sur le monde et qui, pour cela, n’a pas systématiquement besoin d’en appeler à nos plus bas instincts.

“Notre démocratie est fragile, notre république est fragile, remettre en cause la pérennité de l’audiovisuel public, c’est donner un nouveau coup de masse dans ses fondations. C’est grave, et inquiétant.”

Car oui l’audiovisuel public est exigeant, non il n’attire pas toujours les foules parce qu’il demande des efforts. Mais l’audiovisuel public, c’est flatter l’intelligence, c’est pousser à la réflexion, à se poser des questions.

Surtout, et au-delà de tout cela, garantir le financement d’un audiovisuel public de qualité, c’est l’assurance de lutter contre les fake news, contre les raccourcis intellectuels, contre les sophismes balancés sur certaines chaînes comme des vérités absolues sans aucun recul ni aucune forme de réflexion.

Notre démocratie est fragile, notre république est fragile, remettre en cause la pérennité de l’audiovisuel public, c’est donner un nouveau coup de masse dans ses fondations. C’est grave, et inquiétant. Finalement si, c’est bien une Lettre à France que j’écris aujourd’hui. Une lettre à MA France, riche, diverse, inclusive. Ma France sociale, démocratique, ouverte. Ma France de demain. »

Claire Imbert


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Hélène Godme


« Cher service public audiovisuel,

Je t’écris pour te dire que je partage pleinement ton inquiétude à l’idée de la suppression de ta redevance. Qu’adviendra-t-il ?…

Auras-tu encore la capacité de présenter des programmes de même qualité, qu’ils soient politiques, culturels ou autres, durant lesquels les intervenants peuvent développer leurs analyses sans invective ni tension ? Tu sais t’entourer d’experts, respectueux d’une neutralité de bon aloi. Tes émissions abordent des sujets dont tu es le seul à traiter impartialement et en profondeur, grâce au professionnalisme de tes journalistes de LCP, la 5 ou ARTE. Je n’oublie pas, non plus, ceux de Radio France (Inter, Culture, Musique, FIP), que j’écoute quotidiennement pour les mêmes raisons. Bref ! Tu titilles et éclaires notre curiosité intellectuelle.

Alors je crains que le manque de moyens ne te conduise à rivaliser avec la télé privée, qui flirte à l’envi avec le sacro-saint buzz, générateur d’audimat. Dans la plupart de ses programmes, les débatteurs se livrent à des joutes oratoires sans intérêt et inaudibles, notamment sur les chaînes d’info anxiogènes à souhait. Concernant ses divertissements, ils sont tout simplement indigestes mais peuvent, pourquoi pas, amuser un jeune public ou d’autres, en quête de clowneries parfois dégradantes.

Tu l’auras compris, service audiovisuel public, tu as toute mon estime, à mes yeux tu es à la télé ce que la gastronomie est à la cuisine, le reste, pour être concis, s’apparente à du fast-food facile à ingurgiter mais lui aussi finalement indigeste.

N’oublie pas, tu participes activement à notre démocratie ! »

Laurent Février


« […] L’identité de l’audiovisuel public, c’est pour moi la pluralité des émissions, les enquêtes exigeantes, les voix dissonantes, la créativité artistique. Pour ne citer qu’un exemple récent, passer cet été 2022 avec Les grandes traversées, de France Culture, avec Joséphine Baker, Lee Miller, Nicolas Tesla et François Champollion a été un voyage dans l’histoire, la connaissance et l’humanité sans pareil.

Je suis vraiment triste aujourd’hui car mes enfants n’auront peut-être pas la chance de profiter de ce vaste champ d’expérience et de bonheur que procure l’audiovisuel lorsque ses acteurs sont libres et conservent la liberté du choix et de la temporalité. Dans ce monde en accéléré, où toutes les informations se valent, où tout débat serein devient impossible, nous devons lutter pour conserver un niveau exigeant et intransigeant sur notre information et notre champ de connaissances. »

Nathalie Belin


« […] Je n’aime pas l’idée de consommation de la culture, de l’information et même du divertissement. Le service public est ce qui garantit la mixité des publics, et contribue pourtant à les souder. On est relié par le partage de l‘intelligence, de l’originalité de professionnels à qui on donne les moyens pour nous livrer des réalités, des réflexions, bien présentées, analysées et informées. Les créateurs peuvent affirmer leur originalité sans être dans un secteur de niche ou dans la démagogie. Enfin le service public est une ouverture sur le monde car malgré la mondialisation si nous n’avons pas le relais des équipes exigeantes et soutenues par des moyens et l’institution au service de tous, alors on perdra le contact avec des réalités difficiles d’accès et on n’aura aucune prise, ensemble, sur le réel. Le service public est la condition de notre émancipation, de notre liberté. Grâce au service public, je me sens appartenir à une communauté bariolée. Et grâce à cette communauté, je me sens plus lucide, plus instruite, plus active et plus ouverte. »

Myriam Douls


« Allons bon, encore une réforme imposée au nom de notre bien, de l’intérêt général du citoyen réduit à être un consommateur, des économies indispensables, de la concurrence etc. ! Il est vrai que pour ces mêmes raisons nous avons tous, nous le constatons, des opérateurs téléphoniques vertueux, attentifs et concurrentiels, des acteurs de l’énergie vertueux, actifs et à la pointe des énergies renouvelables, un hôpital entreprise publique en pleine santé quoique souffrant d’une hémorragie des soignants (mais jamais contents, ceux-là). Au vu de ces résultats autant continuer avec l’audiovisuel public. Je veux pouvoir écouter et regarder tant les chaînes privées que publiques mais aussi, et sans tunnels publicitaires, découvrir, me documenter, cheminer avec des philosophes, m’intéresser au passé, m’interroger avec des scientifiques, tenter de philosopher, écouter des économistes de tous horizons, entendre des voix dissonantes et libres, et après C ce soir m’endormir avec Nuits magnétiques ou L’heure bleue, continuer à aimer LSD, et surtout garder Les pieds sur terre. Vive la pensée, l’insolence et la diversité ! »

Sylvie Lepinçon

“Est-ce bien ainsi que l’on redonnera du pouvoir d’achat à nos concitoyens ? Fausse raison.”

« […] Supprimer la redevance revient indubitablement à fragiliser le financement de l’audiovisuel public. Est-ce bien ainsi que l’on redonnera du pouvoir d’achat à nos concitoyens ? Fausse raison. Rappelons-nous la « promesse » du « mieux-disant » que d’aucuns nous firent lors de la privatisation de TF1. C’était en 1987. Les lecteurs de Télérama s’en souviennent. La suite, on la connaît… »

François Devillers


« Après avoir vécu vingt et un ans à l’étranger (Amérique du Sud, île Maurice, Espagne…), quelle joie de retrouver la radio publique en France ainsi que les chaînes publiques à la télévision !

Je n’ai guère trouvé d’équivalent lors de mes séjours en ce qui concerne les programmes culturels publics de qualité tant au niveau de la radio que de la télévision.

Des émissions engagées, « alternatives », intéressantes, passionnantes… France Culture me nourrit quotidiennement avec les débats politiques, philosophiques, les interviews recherchées comme dans l’émission Les pieds sur terre par exemple.

Si Arte disparaît je vais être malheureuse, je la choisis si souvent, cette chaîne… émissions enrichissantes, recherchées ; 28 minutes, un journal hors du commun, et je ne nommerai pas toutes les autres émissions qui me ravissent.

Je pense souvent que nous sommes chanceux en France de bénéficier de telles émissions, aussi instructives, où la liberté d’expression est encore présente !

Que cela dure encore et toujours. »

Marie-Claire Glain


« Imaginez que tout s’arrête.

Pas de Matins de France Culture dans la salle de bains au réveil.

Pas de France Inter pour accompagner mon petit déjeuner.

Un grand silence dans la voiture pendant les longues heures de route durant lesquelles France Culture nous rend plus intelligent.

Plus de Bach du dimanche pour bien démarrer la semaine avec France Musique.

Plus de télévision le soir, avec le rendez-vous quotidien de C’est à vous, puis le rituel régressif d’Un si grand soleil, suivi par un reportage sur la 5 ou la 3 pour découvrir le monde et son histoire.

Bien sûr, il resterait Arte, et les livres…

Mais c’est quand tout s’arrête qu’on mesure à quel point l’audiovisuel public a une place primordiale dans notre vie et tout ce qu’on lui doit pour nous aider à grandir, à tout âge. »

Cécile Glaenzer


« L’audiovisuel public, c’est la diversité des programmes, et le fait qu’on se sent plus intelligent après. Concordance des temps, Les nouveaux chemins de la connaissance, les documentaires d’Arte ; et je suis en train de regarder En thérapie…

L’assurance de la qualité, ce qui n’est pas rien.

Pour moi qui vis expatriée depuis près de trois ans, et probablement encore pour plusieurs années, c’est par l’audiovisuel public sur ses nouveaux canaux (podcasts, YouTube) que je garde un lien, même ténu, avec la France. Et pour vivre dans un pays où Murdoch contrôle la majorité des médias, je dois dire que sa réplique bolloréenne n’est pas une perspective réjouissante. »

Diane Delaurens (Sydney)


«  Indispensable, le service public ? Un seul exemple : quelle radio privée aurait eu l’audace, le courage de programmer, tous les matins de cet été, Un été avec Jankélévitch ? Le service public de l’audiovisuel, c’est l’assurance de voir et entendre, sans exclure le divertissement, de telles émissions, plus exigeantes et aussi essentielles. »

Christian Brossard


« À vous, audiovisuel public, et à toutes vos composantes créatrices.

Déjà, ce que j’aime chez vous, c’est cette tenue et ce respect qui font que l’auditeur ou le téléspectateur a envie d’entrer dans votre univers. On n’aime pas tout, chez vous, on n’y partage pas tous nos goûts mais on a l’impression globale que l’on y trouve de quoi réfléchir, de quoi se documenter, se divertir, et j’oserais dire se divertir noblement, sans forcément niveler l’esprit par le bas. Pour les gens un peu curieux, sans forcément avoir fait « des études » (comme moi) , mais cherchant un tantinet à élever son intellect dans des sphères demandant un peu à s’interroger, et de découvertes en intrusions thématiques, j’ai l’impression que j’avais avec vous la certitude de trouver de quoi compenser mes lacunes de toutes sortes, artistiques, philosophiques, existentielles, littéraires, musicales, bref mes lacunes de la vie, car vous respectez tous ceux qui créent, qui cherchent, et respectez leurs œuvres.

J’ai peur pour votre avenir, quand votre sort dépendra d’un pouvoir politique, avec des dogmes, imposant des volontés au gré de convictions sectaires. Vous faisiez le dos rond avec la publicité, qu’en sera-t-il dorénavant de cette publicité qui risque aussi de mettre à mal vos émissions en les saucissonnant sans vergogne et sans respect pour les créateurs.

J’ai une petite retraite, donc peu de moyens mais j’ai toujours déclaré que je voulais payer ma redevance pour assurer une pérennité dans ce qui m’apporte plaisir, réflexion, distraction et garder la liberté de m’insurger contre un programme pas digne d’un service public.

Cher audiovisuel public, je ne veux pas que vous soyez jeté en pâture à la finance mais que votre intérêt reste le respect du public et non l’argent, grand pollueur des esprits. »

Jean-François Tissier


« Oui, je veux continuer à débourser 138 euros !!!

Parce que c’est le meilleur moyen de ne pas creuser davantage le déficit de la sécurité sociale en prenant des antidépresseurs pour échapper au catastrophisme, à la bêtise, au sentiment que tout va mal et que ce n’est la faute ni de nos gouvernants ni des politiques menées depuis des décennies, que nous assènent les chaînes privées.

Parce que je veux pouvoir rire mais d’un rire intelligent dû à un trait d’humour non provocateur, non en dessous de la ceinture mais qui fait appel à mon intelligence.

Parce que je veux assister à des débats où l’on laisse parler les différents interlocuteurs sans leur couper sans cesse la parole ou en cherchant à faire le buzz.

Parce que je veux apprendre ce qui se passe ailleurs qu’en France, découvrir d’autres cultures, d’autres artistes, d’autres moyens de lutter contre toute forme d’obscurantisme ou de catastrophes écologiques.

Parce que je veux découvrir des livres, des spectacles, des musiques, des artistes outre que ceux dont on subit le matraquage.

Parce que je ne veux pas de ces coupures intempestives par des publicités ne poussant qu’à consommer encore et encore.

Parce que je veux continuer à être considérée comme quelqu’un qui peut avoir un cerveau et qui sait se comporter en adulte responsable sachant réfléchir par soi-même.

Alors, oui je veux continuer à verser 138 euros, et même un peu plus, pour continuer à avoir un service public indépendant et de qualité.

Vive France Inter, France Culture, et les chaînes de France télévisions ! »

Chantal Abet


« Au sein de l’offre audiovisuelle publique, j’ai choisi d’évoquer mon lien à France Culture.

Ce qui m’attache à cette station c’est paradoxalement des silences. Les silences offerts par l’animateur à son invité qui peut ainsi déployer toute la complexité de sa pensée, les brefs silences que peut se permettre en retour le journaliste afin d’affiner son questionnement. Les silences aussi que s’autorise la station pour ne pas réagir à chaud et se donner le temps d’enquêter. La somme de ces silences créé l’ambiance sonore de FC, si familière qu’on la reconnaît facilement en balayant la gamme de modulation de fréquence. Ce tempo si particulier, exempt de tout distractif mercantile, est celui qui permet la concentration, la réflexion, l’enrichissement. Rien de soporifique ici, tout au contraire un aiguillon qui nous permet de mieux comprendre le monde. Beaucoup de mes fausses croyances, biais cognitifs, méconnaissances ou ignorances ont été corrigés ou remis en question par les émissions entendues ou réentendues sur FC.

En temps « normal » cette radio de service public est à la hauteur de son slogan, « l’esprit d’ouverture ». De la politique à l’économie, de l’histoire à la philosophie, de l’actualité aux arts, de la médecine à l’écologie, elle nous propose une information diversifiée non partisane, passée autant que faire se peut au crible de la rationalité. En temps de crise elle prend une importance encore accrue : pendant le confinement, où circulaient les rumeurs les plus fallacieuses, combien il fut précieux d’être accompagné par des émissions telles que La méthode scientifique ! C’est dans ces moments de crise que l’importance du service public, éloigné de tout sensationnalisme, dogmatisme ou mercantilisme, nous apparaît clairement. Et il est évident que nous sommes à nouveau confrontés à de graves crises présentes et à venir…

Un professionnel de chaîne télévisée privée déclarait « finalement notre métier c’est de faire patienter le spectateur jusqu’à la prochaine pub » ; sur une chaîne publique le métier, c’est de faire patienter le spectateur jusqu’à la reprise du programme. Sur FC l’auditeur n’a pas besoin de patienter… Que vive le service public ! Supprimer la contribution à l’audiovisuel public est une bien mauvaise idée. »

Michel Samson


« Japonaise, je suis arrivée en France, directement en Bretagne, il y a presque trois ans. Ce que j’ai trouvé magnifique dans le domaine audiovisuel, c’est Arte. Quand mon mari et moi vivions hors d’Europe, il m’avait souvent parlé d’Arte mais ce n’était pas possible de regarder. Et voilà, finalement j’habite en France, et je peux le regarder quand je veux ! »

Moe Watanabe


« Le son, le ton et les chroniqueurs de France Inter ; l’actu traitée avec discernement et sens des responsabilités sur France Info ; le temps long, les analyses poussées et la philo sur France culture… Et aussi les découvertes culturelles, littéraires, musicales dans toutes leurs diversités du jazz, au classique, à l’électro, au hip-hop avec Mouv’, et encore le goût sans cesse renouvelé pour la nouvelle génération de chanteurs et chanteuses à textes.

Pour moi c’est ça, Radio France, depuis mon enfance. Télérama et Radio France, deux piliers et repères culturels que mes parents m’ont transmis. J’y ai ajouté depuis Arte, Arteradio et pour mes enfants Lumni aussi.

Je ne comprends pas ce choix de la suppression de la redevance, et encore moins l’absence de plan B, qui me paraît en décalage complet avec les aspirations, les défis à relever, la transformation nécessaire de notre société. Quid des lieux utiles, capables de ce pas de côté indispensable à une nouvelle vision du monde, des lieux pluriels, inclusifs, populaires, non régis par les lois du marché et la rémunération de quelques actionnaires, loin de l’entre-soi des puissants* ? »

Valérie Lourdel

“Je suis une télé-auditrice publique et je ne veux pas qu’on m’enferme.”

« Mousse, anémone, feuillu, vertébré, infaillible, brûlant, cuit, creux, vendu, gris.

Le bleu, le blanc, le rouge, l’or et la tourmente. Les sages, les pages, les lâches.

Je veux entendre le souffle, le vide et l’absent. L’autre !! Je veux sentir les couleurs du monde et je veux partir loin. Je veux rester ici et regarder juste là.

Je vais m’en aller, je vais découvrir, je vais rire et pleurer. Merci !

Je vais me battre et m’abîmer aussi.

J’aime et j’exècre. La merde et la tendresse. Des mots, des sons, des images.

Ton imagination débordante et son exigence de vérité. Des inventions et des bêtises gaies et folles.

Voir, entendre, créer et être.

Je veux tout et je ne veux rien. Le propos et la colère, la vertu, le courage. Les uns et les unes. Je ne veux pas voir l’altérité enterrée vivante sous un amas de chiffres roucoulants et de probabilités rentables.

J’ai peur de la mode carnivore. Je m’oppose à la normalisation des regards et des postures. Je suis une, je suis là, à côté de toi. J’ai besoin de ce lien réel et incontestable. Je suis humaine et je suis publique. Et je veux rester libre.

Je suis une télé-auditrice publique et je ne veux pas qu’on m’enferme. »

Carole Bernard


“Ce matin, j’ai écouté en podcast le Sans oser le demander d’hier, « Liberté, égalité, sexualités ; faut-il arrêter de faire l’amour ? », sur France Culture. L’émission passionnante a parcouru soixante années traversées par le féminisme, la lutte des femmes, la libération sexuelle. Je me suis rappelé Monique Wittig, le Fhar, je me suis rappelé l’importance des chaînes publiques de télé et de radio qui ont nourri tout ce temps la pensée autour de ces sujets. Il y a plus de trente ans, j’écoutais Laure Adler à la télé. Elle invita un jeune homme à nous présenter sa découverte littéraire. Il nous parla d’Aharon Appelfeld, que je ne connaissais pas. Depuis, je le considère comme le bon grand-père qui au travers de ces lumineux romans poétiques m’a donné à voir une partie du monde. J’écoutais il y a quelques jours le jeune homme, Nicolas Demorand, qui avait invité Esther Duflo à l’occasion de la parution des livres pour enfants qui expliquent la pauvreté. Un lundi soir, en rentrant du travail, j’écoutais France Inter. Autour de 19 heures, Michel Polac nous disait son coup de cœur. Tierra del fuego : je me suis arrêté et dans mon carnet j’ai noté Francisco Coloane. Les jours suivants, je me le suis procuré. Depuis, je le considère comme le bon grand-père… etc. Les médias publics, m’accompagnent, me nourrissent, me divertissent, me stimulent. Je pourrais écrire deux cents pages sur le même mode. Suis fan absolu de Valero, Badini, Dutilh, Piolé, Amar, Valière jolie bande de France Musique. Pas de dimanche sans Le Bach, sans La tribune des critiques, sans C politique, le samedi sans A. Bensaid, Masson et Delmas. La semaine sans LGL, C ce soir, Élise Lucet… j’arrête. Offrir le fonctionnement à l’Assemblée laisse présager quoi ? Quand on voit le manque de postes dans la Santé, l’Éducation, la Justice, les manques de moyens dans la Culture, la Recherche, les Transports, la police, l’alimentation, la Défense. Les ficelles sont grosses. Relisons Bourdieu !”

Raymond Vandenberghe


« La radio et la télé publiques, les archives sont un trésor qui depuis ma tendre enfance me permet d’apprendre, de développer ma pensée, de partager et d’être ébloui ou scandalisé. Cette fidélité au service public je la tiens de mes parents, je l’ai transmise à mes trois enfants qui l’ont transmise à mes neuf petits-enfants. Leur façon d’utiliser ces médias est différente de la mienne, mais c’est eux maintenant qui me forment, quel plaisir ! Comment ne pas craindre qu’une fois décidé de supprimer cette taxe, le financement des ces médias ne soit dégradé par d’autres priorités, qui paraîtraient plus importantes que la liberté et la diversité de l’information et de l’expression culturelle à un prochain gouvernement ou à un prochain parlement, ou peut-être à ceux du moment ?
L’histoire actuelle de l’évolution des médias chez nous, dans d’autres pays ou dans les choix faits par certaines majorités locales, communales, départementales, régionales me fait craindre le pire. Cette taxe doit évoluer pour être plus juste et intégrer les nouveaux médias. À nos députés d’y travailler. Nous les avons élus pour cela !
Ne dilapidons pas nos joyaux et notre si exceptionnelle particularité culturelle. »

Jacques Bernat


« Ah, que j’adore cultiver mon jardin en écoutant une bonne émission littéraire ou scientifique, ou Les pieds sur terre, sur France Culture ! Que j’aime éplucher mes légumes en étant passionnée par l’histoire ou la philosophie ! Comme je ne vois pas le temps passer quand je remets en ordre ma cuisine tout en étant informée de l’état du monde et éclairée sur les grands sujets d’actualité, sans interruption de publicité, avec des invités qui prennent le temps de débattre. Un peu de musique ? Vite, Repassez-moi l’standard, sur France musique, ou Open jazz. Il est temps de s’installer devant un bon film, sur Arte bien sûr, juste après 28 minutes, que je ne raterais pour rien au monde, pour l’intelligence des thèmes et des échanges proposés. Merci, merci pour ces bonnes journées en votre compagnie ! »

Michelle Mourat


« Je ne me lancerai pas dans une analyse économique ou politique de ce que peut signifier pour l’audiovisuel public la fin de la redevance. Tout simplement parce que je n’en ai en aucun cas les compétences, du haut de mes 18 ans et de mes quatre jours d’études seulement dans le supérieur. Pour autant, je me lance dans une déclaration d’amour au service public et je vous dévoile ma crainte que celui-ci succombe avant ma génération.

Imaginez un monde où nous n’aurions plus pour nous informer le matin une radio qui n’a pas besoin d’être rentable. Une radio qui parle de ce qu’elle aime et de ce qui l’anime. Animée seulement par des gens passionnés, qui ne travaillent pas non plus pour de l’argent, mais pour parler au plus grand nombre, pour nous rendre un service, à nous autres, citoyens, qui n’avons pas le temps de faire ce travail à côté du nôtre.

Je ne voudrais pas laisser penser que l’audiovisuel public va disparaître avec la redevance, mais j’ai peur pour son avenir. Sans un financement pérenne, cette structure de service public déjà bien précaire risque de ne plus pouvoir délivrer des contenus de qualité malgré les milliers de petites mains qui y travaillent, et donc de sombrer dans l’oubli avant de disparaître sans grand bruit, sans que nous nous rendions compte de ce que nous perdons.

Pour notre avenir, jeunes Français, et pour le bien de la démocratie, il est essentiel que cela ne soit pas le cas. »

Léonard Pauchon


« […] J’ai l’impression aussi que les programmes sont faits sur mesure, à croire qu’ils connaissent mes goûts, je suis rarement déçue. Cela n’empêche pas que je sois parfois bousculée mais toujours avec respect. On fait appel à mon intelligence, à mes capacités d’analyse et à celles de changer, de bouger.

J’ai confiance, le mot est lâché, la confiance. Je ne crains pas l’entourloupe, on s’adresse à moi comme à une adulte que je suis.
J’écoute France Inter et France Culture, regarde Arte et France 2 en replay.
En espérant que l’audiovisuel public poursuivra longtemps ses missions. »

Muriel Monnot


« […] L’audiovisuel public nous invite à trouver notre respiration dans le chaos du monde, à nous repérer à travers le maquis des infos, à voir midi aux fenêtres de la planète.

Il puise dans le vif de l’actualité, s’enquiert des grands problèmes qui agitent notre société, et grâce au savoir-faire de ses multiples acteurs, techniciens, journalistes, de tous ses professionnels de l’image, du son, de la culture, bien si précieux, fabrique le buffet aux nourritures abondantes que chacun est libre de partager.

Cette immense offre, c’est la participation de tous et toutes qui la rend possible.

La couper de ses racines, le peuple, partie prenante qui l’oblige à la vérité, la probité, la liberté et la fiabilité, c’est rompre le contrat tacite entre nous, l’audiovisuel et le public.

Nous serons tous les deux prisonniers sur parole, décrète Brassens dans sa Non-Demande en mariage.

Cher audiovisuel, ne signe aucun accord au bas d’un parchemin.

Nous te serons fidèles à ce prix de ta liberté. »

Françoise Blanc


« Je paie pour l’eau, la lumière, le chauffage. Je trouve cela normal et suis prête, par mes impôts, à contribuer à ces ressources pour ceux qui ont des difficultés financières. Les médias du service public sont une ressource patrimoniale et c’est ce qui les distingue : ils nous alimentent, nous cultivent, nous informent, nous réjouissent, mettent à la disposition de tous le savoir, la culture, le soutien moral, la rigolade, et les valeurs de la République. Il est normal et juste d’y contribuer par une redevance, si on y adhère.

Supprimer la redevance met en danger l’indépendance des médias publics, et c’est un leurre économique. “Le futur budget sera pris sur la TVA” crée un amalgame entre la consommation du gras-double, des chips, du tabac, des jeux et la « consommation » d’un programme musical, d’un journal audio ou télévisé… Et c’est fondamentalement injuste puisque tous les citoyens, même les plus démunis, vont contribuer au quotidien, y compris sur les produits de première nécessité. Une redevance selon le niveau d’imposition eût été plus juste.

Mon éducation, culturelle, politique, je la dois à l’école de la République, et, tout au long de ma vie, à la radio, à la télévision du service public qui nous enrichissent nuit et jour.

Ce sont ces valeurs, que je veux défendre. »

Héloïse Neefs

“Je viens d’une famille où la culture était inexistante, c’est la radio publique qui a fait ma culture, et je ne cesse de l’en remercier.”

« J’ai découvert la radio publique quand j’ai débuté dans l’Éducation nationale, en 2001, et c’est France Inter qui m’a permis d’évoluer en tant qu’enseignante, c’est en l’écoutant que j’ai pu trouver des idées pour mes cours, puis au fil du temps, je me suis tournée vers France Culture. C’est la voix de Guillaume Erner qui m’accompagne tous les matins, ses fines analyses, son intelligence et sa culture. Durant le confinement, Les chemins de la philosophie m’ont permis de relativiser, d’apprendre à mieux appréhender le monde. Étienne Klein et Nicolas Martin m’ont permis cette approche scientifique qui me manque pour mieux avancer. Quand je marche sur ma plage bretonne, c’est en écoutant les podcasts d’A voix nue, j’adore ces rencontres avec des personnages, les échanges intimistes, rentrer dans la vie de ces auteurs, ces artistes, ces hommes politiques. Les pieds sur terre m’a fait découvrir des territoires complètement inconnus, des personnages étonnants. C’est aussi Laure Adler avec L’heure bleue et ses invités qui s’ouvrent à nous. Et puis Femmes puissantes, de Léa Salamé, que j’ai adoré écouter durant mes randonnées estivales. La radio publique m’enrichit, les analyses sont toujours fines, l’ouverture culturelle qu’elle nous apporte me fait du bien. C’est elle qui me fait souvent découvrir des mondes que je n’imaginais même pas. Arte et Élisabeth Quin, son 28 minutes, un régal, cette femme cultivée, drôle, intelligente, qui sait toujours s’entourer d’invités de qualité qui me font mieux comprendre le monde. Je suis venue d’une famille où la culture était inexistante, c’est la radio publique qui a fait ma culture, et je ne cesse de l’en remercier. Alors j’y suis vraiment attachée, attachée à cette indépendance, à ces émissions qui m’ont fait grandir, et que j’écoute chaque jour avec plaisir. Et chaque nuit aussi. »

Anne-Françoise Robin


France Inter

Nourrie depuis l’enfance
De chansons sans prestance
Il m’a fallu prendre grande distance
Pour découvrir Inter et sa France.

J’avais trois fois moins d’âge
Des envies de montagne et d’alpages
Mais logés dans un studio sans âge
Qui donnait sur une grange et un garage

La radio ne captait que sous le lavabo
Et qu’Inter et Ève Ruggieri qui parlait beau
Peu de pub, peu de musique, pas de pipeau
De l’intelligence entourée d’autres mots

Ceux d’un autre milieu, d’une autre culture.
Ce changement d’univers fut parfois dur
Mais on prend goût à grandir contre-nature.
Nous revînmes bien déçus de cette aventure

La montagne appartiendrait donc aux montagnards
Comme le soleil aux habitants du sud de la Loire.
Mais Inter s’accorda de notre territoire
Et du tout petit matin jusque tard le soir

Quarante ans maintenant que chaque jour je l’écoute
Que tant de voix, de talents ont croisé ma route
Que j’ai appris, réfléchi, ri, levé des doutes
Et que je tire mon chapeau à tous et à toutes

J’ai changé de milieu, juste un peu, sans m’enfuir
Du Tribunal des flagrants délires
À Charline et ses sbires
J’ai mis tant d’années pour rajeunir.

Christine Moskwa (à deux pas de Denain, ville la plus pauvre de France…)


« Pour soutenir le mouvement lancé par Télérama, la règle est me dit-on d’écrire une lettre de moins de vingt lignes. Eh bien c’est exactement pour cela que je soutiens l’audiovisuel public. C’est parce que sur France Inter, mais surtout sur Arte et sur France Culture on a droit à plus de vingt lignes. On peut réfléchir, on peut apprendre, prendre de la distance, comprendre les autres, on peut se disputer mais en ayant loisir d’argumenter et de défendre calmement son point de vue. On prend le temps. On n’est pas forcé d’inclure une blague lourde ou une publicité toutes les deux minutes. Je pourrais continuer mais j’ai déjà dépassé me semble-t-il la taille d’un tweet, alors j’arrête là en vous remerciant de l’initiative. »

Frédéric Landy

Le 26 septembre à 19 heures, venez assister à notre grand débat sur l’audiovisuel public, à l’espace Cardin, à Paris. Réservations ici

Lien source : “Oui, je veux continuer à débourser 138 euros !” Vos cris du cœur pour défendre l’audiovisuel public