“Lou”, sur Netflix : un thriller pluvieux qui ne déborde pas d’idées neuves

Portée par la formidable Allison Janney (“À la Maison-Blanche”), cette tentative de western moderne soigne l’esthétique mais néglige son scénario et use de ressorts psychanalytiques vus et revus. Dommage.

Drôle d’oiseau, cette mystérieuse Lou, avec sa dégaine de hors-la-loi, Stetson vissé sur la tête et fusil de chasse greffé à la hanche. Crainte et respectée dans la petite communauté insulaire dont elle constitue l’un des piliers, l’altière vieille femme aux allures de cow-girl, semble, au début du film, au bord du gouffre, déterminée – pour des raisons qui nous échappent – à écourter son existence. Mais voilà ses plans contrariés par l’enlèvement de la fille de sa voisine, un soir d’orage. Commence une traque au cours de laquelle Lou et la mère en détresse allient leurs forces pour affronter le ravisseur, mais aussi, les démons du passé…

Machine de guerre en souffrance

On se laisse happer un temps par l’atmosphère de western moderne, soignée et anxiogène. Puis ça se gâte : des coups de théâtre successifs tirent, peu à peu, le thriller vers un grand règlement de compte psychanalytique où, entre deux torgnoles et bagarres dans la boue, se révèlent des traumas familiaux particulièrement gratinés. S’en tenir à un pur film d’action au féminin aurait probablement été plus judicieux que d’exploiter ces conflits intérieurs brossés à la truelle, d’autant que, côté castagne, on pouvait trouver matière à s’amuser : Lou se révèle capable d’égorger un malfaiteur d’un coup de boîte de conserve ouverte, mais se casse la figure à cause de son arthrite. Machine de guerre, mais taraudée par la réalité de la vieillesse…

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