Les experts de BFMTV plaident pour l’extrême droite et la régression sociale

“MA VIE AU POSTE”, LA CHRONIQUE DE SAMUEL GONTIER – Chaque dimanche soir, BFMTV réunit une assemblée d’éditorialistes représentant toutes les nuances de l’extrême centre. Au menu, démonstration de l’absence de racisme chez les députés RN, bien plus “raisonnables” que ceux de la Nupes. Roselyne Bachelot et Alain Duhamel se prononcent pour l’écologie punitive – à condition qu’elle punisse seulement les plus modestes. En guest star, un philosophe de gauche, Michel Onfray, s’émeut de la menace écoterroriste et rappelle que le dérèglement climatique vient de Véga.

« Je vous rappelle les règles, annonce Jean-Baptiste Boursier dimanche soir sur BFMTV. Chacune et chacun a une opinion sur un fait qui a marqué l’actualité dans la semaine. Nous allons en discuter, comme vous à la maison. » Ah non, pardon : à la maison, je ne discute pas avec Roselyne Bachelot, Olivier Babeau, Benjamin Duhamel et Flora Ghebali. Mais je suis fan de leurs éditos titrés « Ras le bol de la CGT ! » ou « 49.3 : le gouvernement a raison ». « Hélas, le RN sort de la semaine renforcé ! se désespère cette fois l’ancienne ministre de la Culture. Les commentateurs sont assez unanimes pour dire que c’est une mauvaise passe pour Marine Le Pen. » Mais Roselyne Bachelot est bien plus perspicace que les commentateurs unanimes.

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Selon la nouvelle star de BFMTV, l’exclusion temporaire de Grégoire de Fournas, sanctionné pour avoir lancé « Qu’il retourne en Afrique ! » au député LFI Carlos Martens Bilongo, va profiter à l’extrême droite. « Le RN joue sur deux registres, la notabilisation mais aussi la victimisation. Cette sanction inédite est de nature à accréditer que le RN est victime d’une sorte de complot. La séquence, hélas, va être bonne pour le RN. » Benjamin Duhamel conteste : « Marine Le Pen a pour stratégie d’élargir sa base. Or, quand on voit la scène qui s’est passée à l’Assemblée, on voit bien que ce parti continue à garder des réflexes sectaires, un peu groupusculaires. » Un groupuscule qui mobilise l’antenne de BFMTV pendant quatre jours, c’est assez rare.

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« Regardons ce qui se passe avec le RN depuis quarante ans, suggère Olivier Babeau. C’est une trajectoire à peu près ininterrompue de progression. En statistique, on n’aime pas prolonger les courbes, mais de temps en temps on le fait… » Et justement, c’est le moment : « Si on les prolonge un peu, on voit où on arrive. » Avec Marine Le Pen à l’Élysée. « Et l’effet de levier, depuis toujours, c’est le hors-système. Plus vous êtes attaqué, plus vous vous renforcez. » Il aurait mieux valu ne pas attaquer Grégoire de Fournas, faire comme s’il n’avait rien dit. « Ajoutez à ça une amnésie de l’opinion publique qui fait que les affaires passent comme de l’eau sur les plumes d’un canard… » Les gens sont trop cons, ils oublient trop vite les « affaires » du RN que BFMTV s’échine pourtant à documenter à longueur d’enquêtes fracassantes sur ses financements illicites ou ses emplois fictifs. Résultat : « Ça ne laissera aucune trace. Objectivement, depuis septembre, il y a une forme de normalisation, d’institutionnalisation du RN. » Sur BFMTV, elle est bien plus ancienne. « Par contraste avec une extrême gauche, une Nupes bougeant beaucoup et étant très excessive… » Ne portant pas de cravate, comble de l’indignité. « … On a des RN qui ont l’air de travailler, qui ont l’air d’être raisonnables, qui deviennent relativement sérieux. » Un député d’extrême droite bien élevé, c’est beaucoup plus sérieux qu’un islamo-gauchiste débraillé.

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Flora Ghebali, caution jeune de l’émission, se démarque de l’analyse de Roselyne Bachelot : « J’ai pas envie d’être d’accord parce que je n’ai pas envie que le RN en sorte renforcé. » Moi non plus. Benjamin Duhamel, lui, se ravise. Finalement, il est d’accord, ce n’est pas « la fin de la dédiabolisation, non. Y a beaucoup d’efforts qui ont été faits… » Porter une cravate, par exemple (et voter les projets de loi du gouvernement). « Dans tous les sondages, le RN est le parti le moins détesté. » Sur tous les plateaux, ses efforts sont célébrés. « Y a cet effet poisson rouge de l’opinion publique qui fait que ça passera au second plan. » Ah oui, j’oubliais, les gens sont tellement cons.

Comme tous ses collègues, Benjamin Duhamel entreprend l’exégèse des propos de Grégoire de Fournas. « S’il s’adressait au monsieur, là c’était évidemment raciste. » Le « monsieur », c’est le député LFI au nom compliqué et au teint foncé (ça va souvent ensemble). « S’il s’agissait des bateaux et des migrants, c’est pas du racisme, c’est de la xénophobie. » Grégoire de Fournas aurait pu dire la même chose à propos de bateaux chargés d’Espagnols, d’Allemands ou de Luxembourgeois. « C’est une position politique qui est assez partagée par l’opinion publique. » Maudite opinion publique raciste – pardon, xénophobe. « Quand on voit les sondages faits à longueur de temps sur l’immigration, où les Français considèrent qu’il y a trop d’immigration. » En répondant à des sondeurs payés à longueur de temps pour leur demander s’il y a trop d’immigration. « Y a eu quelque chose d’épouvantable dans la forme parce qu’on a cru que ce député parlait comme s’il était accoudé à un bistrot… » Ça ne se fait pas au Palais Bourbon. « C’est cela qui a choqué. » Sur le fond, c’était justifié. « S’il s’agissait des bateaux et des migrants, la forme est désolante, mais est-ce que le RN en pâtira dans l’opinion ? C’est pas certain. » L’opinion est bête au point d’être xénophobe, au contraire des brillants éditorialistes qui se défient de l’extrême droite – en la jugeant « sérieuse » et « raisonnable ».

rebondit Olivier Babeau, c’est que

« Tous les partis essaient de se renouveler, de faire arriver des jeunes, des visages nouveaux, rebondit Olivier Babeau. Jordan Bardella, Marine l’a très, très bien casté. » « Marine » a été bien aidée par ses amis du GUD. « C’est une figure extraordinairement jeune, issue de quartiers difficiles. » Mais il fait partie de la famille, il est en couple avec la fille de Marie-Caroline (sœur aînée de Marine). « Il est objectivement extrêmement brillant, donc ça fait un attelage que beaucoup de partis pourraient envier. » Résumons : pour Olivier Babeau, le RN est constitué de gens « raisonnables », « sérieux », dirigés par un président « extrêmement brillant ». Foin de normalisation, c’est une consécration.

« De toute façon, peste Roselyne Bachelot, depuis l’installation de cette Assemblée, tout ça donne aux Français l’impression d’un grand désordre. » Pauvres Français agressés par les excès de la Nupes agitée. « Le président Macron a parlé de chaos et de désordre, c’est tout à fait vrai. » De toute façon, le président a toujours raison. « C’est désolant ! — Cette majorité relative est une opportunité pour la Ve République, s’oppose Flora Ghebali. Y a des pays dans lesquels l’extrême droite et l’extrême gauche se mettent d’accord avant de proposer un projet de loi. — L’extrême gauche et l’extrême droite, c’est assez rare, objecte Benjamin Duhamel. — En Suisse, par exemple. — Y a pas la même extrême gauche et la même extrême droite, corrige Roselyne Bachelot. — Faire tomber le gouvernement, résume Olivier Babeau, c’est le seul objectif commun entre l’extrême gauche et l’extrême droite. » À l’unanimité, les éditorialistes de toutes tendances s’accordent à juger la Nupes d’extrême gauche.

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Jean-Baptiste Boursier enchaîne : « Nous allons échanger autour du projet de loi “immigration”, un sujet très important. » Ouf, enfin un sujet qui évitera de servir la soupe à l’extrême droite. « Ainsi en a décidé le gouvernement, dans sa volonté de cimenter sa majorité face au RN. » Zut alors, c’est vraiment pas de chance, on va encore être obligé de parler de l’extrême droite. « Benjamin, vous pensez que sur ce projet de loi les partis politiques sont hypocrites. » Benjamin détaille les arrière-pensées politiciennes dont l’étalage constitue son fonds de commerce et démontre qu’on ne la lui fait pas à lui, le brillant éditorialiste de père en fils, de mère en fille et d’oncle en neveu.

Roselyne Bachelot se désole : « Il faut reconnaître que l’immigration est un angle mort des politiques depuis cinquante ans. » Un demi-siècle d’intolérable omerta. « Entre instrumentalisation et déni, personne ne s’y retrouve. La gauche a instrumentalisé la question de l’immigration en niant le problème. » Avec ses activistes No Border comme Manuel Valls. « Du côté du RN, ça a été la diabolisation de l’immigration, alors qu’on a besoin de travailleurs immigrés. » Pour occuper les emplois pénibles sous-payés. « Y a une double lecture, soutient Flora Ghebali. Y a les besoins de main-d’œuvre des patrons, et y a le débat politique avec une espèce de phobie de l’immigration. » Y a nos fiers entrepreneurs qui œuvrent au rayonnement de la France et les politiciens qui flattent le peuple congénitalement raciste – pardon, xénophobe.

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Jean-Baptiste Boursier propose à Flora Ghebali de défendre les « actions radicales des écologistes ». « Tout est bon pour sauver la planète ! clame la chroniqueuse. Les COP ne suffiront pas, les autres actions militantes sont complémentaires. — Je suis pas d’accord, proteste Benjamin Duhamel. Faire des sit-in dans des sièges de multinationales qui soi-disant sont polluantes… » Soi-disant, rien ne le prouve. « … Là, on voit bien la cohérence du lien avec le climat. Sur l’art, ça m’échappe. » Euh… Je ne sais pas… Peut-être que BFMTV accorde seulement une brève à un sit-in et consacre des heures de débat à une soupe sur la vitre d’un Monet ?

« J’ai participé à deux COP, revendique fièrement Roselyne Bachelot. C’est un contresens absolu que de se réunir à Charm el-Cheikh, c’est un crime écologique ! Les jets privés sont là, en masse, dans des hôtels luxueux. » Des jets privés logés dans des hôtels ? C’est indécent. Quand on vend des Rafale à l’Égypte, on ne les gare pas dans des jacuzzis. « On tresse des couronnes au maréchal Sissi, qui n’est pas un défenseur des droits de l’homme. Il a mis soixante mille personnes en taule, il en a tuées un certain nombre et il va trôner en majesté dans cette réunion. » Scandaleux. Et troublant : cette Roselyne Bachelot porte le même nom que la ministre du gouvernement qui vendait des armes à l’Égypte pendant que son président embrassait al-Sissi sur le perron de l’Élysée.

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Pour Olivier Babeau, « se coller la main, c’est complètement contre-productif, aller emmerder Van Gogh, c’est complètement stupide parce que ça va provoquer des contre-réactions ». Par exemple, Pascal Praud, qui jusque-là accueillait sur CNews la crème des scientifiques (climatosceptiques), a vu dans ces activistes des « hurluberlus ». Jean Quatremer, un adepte des sit-in sur les plateaux télé, a déclaré sur France 5 puis sur Arte que ces actes relevaient de « régimes totalitaires », de « fascistes » et de « nazis ». « La seule solution, estime Olivier Babeau, c’est que des pays arrivent à se grouper pour fixer des normes sociales, des normes environnementales. » J’aimerais bien connaître les normes sociales d’Olivier Babeau.

Flora Ghebali proteste, Olivier Babeau la rabroue : « C’est indéfendable, ces pratiques ! » Benjamin Duhamel la raisonne : « Y a deux choses inquiétantes dans ce que tu dis, Flora. Compte tenu de la violence de l’inaction climatique, ça justifierait toute action qui serait plus ou moins violente. Si on commence comme ça, on ouvre la porte à tout type d’action. » On se retrouve avec des écoterroristes à Sainte-Soline. « Et puis ça donne l’impression qu’il y a pas eu d’éveil des consciences… — L’an dernier, on a eu une élection présidentielle, s’indigne Flora Ghebali. Est-ce que l’écologie a tenu la place qu’elle méritait dans le débat public ?! — Mais ça, c’est un autre sujet. » Sur BFMTV, on a préféré donner à Zemmour la place qu’il méritait dans le débat public. L’éditorialiste vante la fin des moteurs thermiques, l’émergence d’« un sujet sur la sobriété énergétique. Expliquer que les militants n’auraient pas d’autre solution que de faire de la désobéissance civile, c’est assez singulier. » Malséant. « Le problème, insiste Flora Ghebali, c’est les politiques publiques. — Y a des choses qui sont faites », rétorque Benjamin Duhamel. Nan mais alors, puisqu’on vous dit que « des choses » sont faites, que des « sujets » sont discutés.

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Roselyne Bachelot vole à son secours. « On peut pas simplement dire : c’est la faute des gouvernants. » Ce serait assez singulier. « L’avantage des politiques individuelles, c’est qu’elles ont un effet immédiat. Les politiques gouvernementales, changer de modèle énergétique, ça prend un siècle. » On n’a pas le temps. Pour lutter contre le dérèglement climatique, mieux vaut privilégier « les politiques de sobriété individuelle, elles ont un effet immédiat ». Quand vous faites pipi sous la douche, le soulagement est immédiat. « Il faut pas seulement les expliquer, il faut des mesures coercitives. » Contre les particuliers. « Quand on voit des gens mettre la climatisation dans des magasins avec les portes ouvertes, c’est normal qu’il y ait une amende. » Des peines de prison quand on n’éteint pas le WiFi.

« Twitter racheté par Elon Musk, continue Jean-Baptiste Boursier. Il licencie la moitié des effectifs, pas loin de 3 500 personnes, il annonce qu’il veut libérer la parole… Et pour vous Olivier, tout ça c’est pour le meilleur. » « Elon Musk va sauver Twitter ! assure Olivier Babeau. Il essaie de sauver l’entreprise de deux périls. D’abord, de son modèle économique : Twitter perd de l’argent par tombereaux. Quand vous arrivez dans une entreprise, vous rationalisez, donc vous commencez par virer la moitié des gens. » Normal. « Vu de France, c’est le cauchemar, vu des États-Unis, c’est un peu brutal mais ça se fait. » Voilà donc le type de « normes sociales » préconisé par Olivier Babeau.

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« Le deuxième grand péril, c’était le péril démocratique. Musk disait qu’il y avait une sorte de dérive du contrôle, une forme de parti pris politique en faveur des démocrates. » Une forme de dictature wokiste. « Il a été le premier à annoncer : l’oiseau est libéré. Il mène une croisade pour la liberté d’expression. » La liberté d’expression des gens qui pensent comme lui. « Le risque, c’est de basculer de l’autre côté, dans un réseau qui ne serait plus à tendance démocrate mais à tendance républicaine. » Impossible. Et pourquoi pas trumpiste, tant qu’on y est ?

« Dans un instant, enchaîne Jean-Baptiste Boursier, Alain Duhamel et Michel Onfray. » Chouette, l’oncle de Benjamin dans un « face-à-face » avec le philosophe de gauche, ça promet (non). « Nous allons commencer par l’événement politique de la semaine. » La « polémique colossale » provoquée par le député raciste – pardon, xénophobe. Alain Duhamel déploie la même exégèse que son neveu, preuve que l’éditorialisme est génétique : la phrase du député « peut s’appliquer à une personne ou au bateau. Si c’est une personne, c’est du racisme, si c’est un bateau, c’est de la xénophobie. » Ou de la bateauphobie.

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« Moi, analyse Onfray, j’aurais dit dans un premier temps : y a une instrumentalisation par La France insoumise. » C’est la faute à LFI. « Et puis quand je vois qui profère ce genre de propos…  » Le député RN n’en est pas à sa première invective raciste. Mais, tout de même, « il faudrait qu’on dise aussi que Manuel Bompard fait savoir que s’il avait été breton, il ne se serait pas adressé à lui de la même manière… » Attendez, je n’ai pas suivi. C’est quoi, cette histoire de Breton ? « Ça veut dire quoi, qu’un Breton ne peut pas être noir et que les Bretons sont tous des Blancs ? Est-ce que ce n’est pas du racisme ? » Je n’ai pas tout compris, mais je crois que les racistes sont chez LFI.

« Le racisme, c’est une discrimination sur les races », précise Michel Onfray, rejoint par Alain Duhamel : « Il n’y a pas de discrimination sur des races quand on dit d’un peuple qu’il doit rester en Afrique. » Ni quand on dit d’un peuple qu’il doit rester en Europe. « La motivation de la sanction, relaie Jean-Baptiste Boursier, c’est le tumulte. — L’Assemblée est devenue un cirque, réagit Michel Onfray. Mais le tumulte, il est plutôt organisé par La France insoumise. » Ça se confirme, c’est la faute à LFI. « Je sais pas si c’est le propos qu’il faut condamner ou les gens qui instrumentalisent le tumulte. » Plutôt que sanctionner Grégoire de Fournas, le bureau de l’Assemblée aurait mieux fait de prononcer l’exclusion à vie des députés LFI.

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Le « face-à-face » se poursuit avec un débat intitulé : « Bardella président, la ligne dure du RN ? » Ce dernier vient en effet de conquérir la présidence du RN, m’épargnant une joute sur le thème : « Louis Aliot, la ligne molle du RN ? »

On enchaîne avec la souillure des vitres de tableaux. Michel Onfray est aussi scandalisé que Benjamin Duhamel. « Il faudrait dire à ces gens-là : mais est-ce que vous croyez que la France toute seule est responsable de la pollution planétaire, du réchauffement climatique ? Et la pollution de la Chine, de l’Inde ? — C’est un mouvement international, objecte Jean-Baptiste Boursier. — Qu’ils aillent dans les endroits où ça pollue beaucoup ! maintient le philosophe. Nous sommes assez vertueux, nous, les Français. » Nos voitures en carton recyclé roulent au jus de radis bio, on se chauffe au pull-over.

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« Faisons un peu de géomorphologie, d’histoire de la planète, intime Michel Onfray. À l’époque où l’humanité n’existait pas, la planète avait déjà des soubresauts climatiques. — Mais y a une accélération qui est scientifiquement prouvée, tente le présentateur. — C’est ce que dit le Giec, mais tout le monde ne le dit pas. » Par exemple, les experts de CNews disent que le Giec est un ramassis d’imposteurs soumis à la dictature des minorités. « Si vous n’avez pas le nez sur le Giec mais le nez sur l’histoire du fonctionnement de notre galaxie, avec le big bang, vous verrez le rôle que joue le Soleil, la possibilité de notre univers d’être en corrélation avec les autres univers, car il y a des plurivers et des multivers. » Sans parler des polyvers et des revolvers. « Faisons un peu d’astrophysique plutôt que de la politique politicienne. » Laissons parler la science (de Michel Onfray). « Depuis toujours, l’évolution de la planète se fait indépendamment des hommes. » Elle vient d’aussi loin que l’infini, comme le capitaine Flam.

Alain Duhamel met les choses au point : « Y a incontestablement un dérèglement climatique. » Son adversaire acquiesce : « Absolument. » Causé par le troisième plurivers en partant de la gauche. Michel Onfray revient sur les attentats contre les vitres de tableaux : « Des gens nous disaient, y a quinze, vingt ans, que le grand danger en matière de terrorisme viendrait de l’écologie. À l’époque, on souriait… » On y est, Darmanin l’a officialisé. « Pour l’heure, il n’y a pas encore mort d’homme. » Ça ne saurait tarder, Didier Lallement a prévenu dans L’Opinion qu’il faudrait bientôt « ouvrir le feu » sur les manifestants.

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« Y aura pas d’écologie agréable, avertit Alain Duhamel. Toute écologie se traduira évidemment par d’énormes sacrifices qui sinistreront d’abord les plus modestes et les moins bien protégés. » Il serait injuste d’imposer des sacrifices aux plus riches et aux mieux protégés. « De toute façon, les progrès de l’écologie seront des régressions sociales. » Les pauvres vont morfler, c’est fatal. Jean-Baptiste Boursier nuance : « Certains vous diront que, dans une société pensée différemment, y a pas de raison qu’on ne puisse pas faire les choses différemment. — Peut-être dans un siècle, c’est possible. » Mais là, on n’a pas le temps. Alain Duhamel s’accorde avec Roselyne Bachelot : dans l’urgence, mieux vaut s’en prendre aux plus modestes. « Jadot est quelqu’un qui essaie d’être réaliste, comme Canfin. Il y en a d’autres qui veulent une rupture dans les décisions et même dans l’expression, dans la gesticulation. » À quoi bon gesticuler contre le dérèglement climatique et les régressions sociales ?

Lien source : Les experts de BFMTV plaident pour l’extrême droite et la régression sociale