L’emprise, vue par une anthropologue : « Le contrôle et la pression s’accroissent de manière progressive »

Après avoir publié huit témoignages sur les relations d’emprise, « l’Obs » cherche à comprendre ce qui fait leur spécificité dans une série d’entretiens.

L’anthropologue belge Pascale Jamoulle, professeure à l’université de Louvain-la-Neuve et à celle de Mons, s’est intéressée pendant sept ans aux mécanismes de domination menant à des violences physiques et psychologiques. D’où le titre de son ouvrage : « Je n’existais plus. Les mondes de l’emprise et de la déprise » (Ed. La Découverte, 2021).

Comment reconnaître une relation fondée sur l’emprise ? Comment s’en sortir ? Quelles sont les phases de ce processus d’asservissement ? Voici ses explications.

Comment reconnaître une relation fondée sur l’emprise ?

Les personnes sous emprise relatent un état de soumission et de dépendance à un système abusif. Elles sont conditionnées à ne plus penser par elles-mêmes, car le tourmenteur envahit leur esprit. Marquées par la terreur et le silence, elles subissent une destruction de leurs liens sociaux et une dévitalisation de leurs corps.

La manipulation se love dans des rapports sociaux très insécurisés. Elle peut surgir partout, au travail, à l’école, dans la famille. Toutes les situations d’emprise n’impliquent pas forcément un pervers narcissique. Cet abus de pouvoir peut aussi émaner d’une entreprise, d’un gourou, d’un réseau de trafic de drogues, etc.

De plus, une mauvaise rencontre avec un manipulateur n’est qu’un facteur parmi d’autres. Il faut aussi considérer l’habileté de ce dernier

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