L’emprise, vue par un sociologue : « Il y a des “moments paranoïaques” qui peuvent être structurants »

Après avoir publié huit témoignages sur les relations d’emprise, « l’Obs » explore ce qui fait leur spécificité dans une série d’entretiens.

Francis Chateauraynaud est sociologue et directeur d’études à l’EHESS, à l’origine du concept de lanceur d’alerte. L’emprise est l’un de ses sujets. Il nous en parle ici comme d’une prise de contrôle du champ d’expérience de l’autre. Selon lui, le pouvoir se caractérise par le silence, et l’intuition est déterminante pour se libérer des liens d’emprise.

Pour lire le début de cet entretien :

L’emprise, vue par un sociologue : « Les gens qui ont un besoin de reconnaissance se rendent vulnérables »

Quand des frictions surgissent dans les systèmes d’emprise, qui sont ceux qui s’indignent (le voice du modèle d’Albert Hirschman) ?

C’est ici que l’on retrouve une relation décisive entre emprise et alerte. Un lanceur d’alerte, c’est quelqu’un qui s’extrait d’un monde à un moment donné, qui brise l’assentiment, le silence et rompt avec les apparences de normalité, en voyant venir des drames ou des catastrophes, des abus de pouvoir ou des mauvais traitements systématiques. Et de fait, c’est très difficile de lancer une alerte de l’intérieur d’un système. Sans rouvrir ici la longue série des cas que j’ai étudiés, il faut bien comprendre qu’un lanceur d’alerte doit rompre avec des relations d’emprise.

Dans le cas du Mediator, par exemple, lorsque Irène Frachon, qui n’était pas la plus démunie puisqu’elle était médecin et qu’elle avait des soutiens, a été

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