L’emprise, vue par un sociologue : « Dans les premiers moments , il y a du bonheur à s’abandonner »

Après avoir publié huit témoignages sur les relations d’emprise, « l’Obs » explore ce qui fait leur spécificité dans une série d’entretiens.

Francis Chateauraynaud est sociologue et directeur d’études à l’EHESS à l’origine du concept de lanceur d’alerte. L’emprise est l’un de ses sujets. Il nous en parle ici comme d’une prise de contrôle du champ d’expérience de l’autre. Selon lui, le pouvoir se caractérise par le silence, et l’intuition est déterminante pour se libérer des liens d’emprise.

Pour lire le début de cet entretien :

Revenons à la figure de « l’empreneur », celui qui installe la relation d’emprise. Comment fait-il pour s’imposer ?

J’ai fini par considérer sept grands ressorts par lesquels se forme une emprise. Certaines relations ne vont jouer que sur un ou deux ressorts, ce qui assure un minimum de réversibilité. Mais lorsque l’ensemble des ressorts sont engagés, on est clairement dans une figure d’emprise totale, qui évoque évidemment des figures historiques tyranniques ou totalitaires : de Staline à Poutine… Soit des personnages qui, selon les récits, ont pour caractéristique commune de dire peu de choses en situation – hors discours officiels calibrés à distance, à l’instar des mafieux dépeints par Deborah Puccio-Den. Quand les gens entraient dans le bureau d

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