Le “Cri de cœur” d’Alan Lucien Øyen, une création originale qui souffre de ses bavardages

Trente cinq danseurs, dont Marion Barbeau, Héléna Pikon ou encore Alexandre Boccara, dansent et déclament sous la direction d’Alan Lucien Øyen, invité par l’Opéra de Paris à créer ce ballet contemporain. Une aventure parfois envoutante, souvent répétitive.

Un long travelling sans fin, tel est l’audacieux pari tenté par le chorégraphe et metteur en scène norvégien Alan Lucien Øyen, invité par l’Opéra de Paris à créer un ballet contemporain. Pour ce faire, il a demandé à trente-cinq danseurs et danseuses d’exprimer à voix haute ce qu’ils éprouvent. Sur une trame fictionnelle – la mort annoncée de l’héroïne, atteinte d’un cancer – se greffent les souvenirs, les rêves ou les fantasmes de la troupe. S’enchaînent alors scènes parlées et performances dansées, vidéos en direct ou compositions picturales telles des natures mortes.

La scène du palais Garnier, déshabillée jusqu’à l’os, abrite un écran suspendu, flanqué de deux immenses cadres dorés où les interprètes apparaissent comme les personnages d’un tableau. Marion Barbeau endosse le costume de l’anti-héroïne dépressive et narcissique. Devenue « star de cinéma » grâce à sa récente prestation dans En corps, le film de Cédric Klapisch, elle s’est sans doute projetée dans le rôle. Le chorégraphe, qui peine toujours à arbitrer entre fiction et vie réelle, y a aussi probablement vu son double. Alors « Marion » se retrouve ici aux prises avec « Personne », son ombre fantasmée, mais aussi avec une mère traînant un fils blessé et délaissé (Alexandre Boccara, présence intense). Artiste invitée, Héléna Pikon – figure majeure du Tanztheater de Pina Bausch – incarne cette figure maternelle. Fée mélancolique, elle irradie le spectacle.

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