“La Religieuse”, sur Arte : quand Guillaume Nicloux adaptait le grand canular littéraire de Diderot au cinéma

Mais qui écrit vraiment à qui ? En 2013, Guillaume Nicloux adapte le roman épistolaire de Denis Diderot, déjà porté à l’écran par Jacques Rivette en 1966. Une satire féroce des couvents qui compte parmi les plus grandes farces de la littérature…

La Religieuse est une affaire de littérature avant d’être un cas de cinéma — quarante-sept ans avant l’adaptation de Guillaume Nicloux (2013), diffusée mercredi 25 janvier sur Arte, la version de Jacques Rivette, en 1966, avec Anna Karina, s’était attiré les foudres de l’Église et la censure de l’État. Publié en 1796, le conte épistolaire écrit par Denis Diderot entre 1760 et 1780 (même s’il récuse le terme de « roman », c’est peut-être celui qui le définit le mieux) recèle l’une des plus belles mystifications de la littérature française, doublée d’une critique violente du monachisme et de l’enfermement.

Si l’issue des deux films diffère, Jacques Rivette et Guillaume Nicloux racontent le calvaire de Suzanne Simonin, jeune religieuse condamnée au couvent par ses parents. Elle subira l’enfermement et les violences, mais aussi les passions dévotes, sadiques et libidineuses de trois mères supérieures successives. Pathétique, effrayante, cette histoire est l’adaptation des Mémoires rédigés par Suzanne Simonin en 1760 et qu’elle adresse à un certain monsieur le marquis de Croismare, proche de Diderot, pour qu’il lui vienne en aide, après qu’elle a réussi à s’enfuir de son dernier couvent. L’homme et la jeune femme entament alors une correspondance, avec le concours de Mme Madin, qui leur sert d’intermédiaire.

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