Fausses audiences de Fun Radio : une amende drôlement salée après le Fun Gate

En 2016, des animateurs de la radio avaient demandé aux auditeurs de faire de fausses déclarations aux sondeurs de Médiamétrie pour gonfler les audiences. La station a été condamnée à verser 10,3 millions d’euros de dommages et intérêts au groupe NRJ.

L’affaire a été surnommée le « Fun Gate ». Fun Radio est condamnée à verser plus de 10,3 millions d’euros de dommages et intérêts aux sociétés du groupe NRJ pour « concurrence déloyale ». NJR reprochait à sa concurrente une manipulation qui avait abouté à un exceptionnel record d’audience au premier trimestre 2016 (7,5 %, +0,8 point), entraînant un préjudice qu’elle estime à 25,2 millions d’euros. Ces progressions « n’avaient jamais été constatées en radio, un média d’habitude », souligne le jugement.

À l’époque, l’animateur vedette de la station, Bruno Guillon, faisait office de bateleur de la matinale de Fun Radio. « Ses messages, diffusés au cours des années 2015 et 2016, avaient permis à Fun Radio d’augmenter artificiellement ses audiences, ce qui avait eu pour effet d’augmenter ses revenus au détriment des radios du groupe NRJ en particulier », rappelle le groupe NRJ dans un communiqué. À l’antenne, il incitait alors les auditeurs à déclarer aux sondeurs de Médiamétrie qu’ils écoutaient la radio toute la journée : « Prenez dix minutes. Pourquoi ? Parce que cette personne va vous poser des questions : quelle radio vous avez écoutée hier matin ? Vous dites Fun Radio. Hop ! Et après, en rentrant du travail, quelle radio vous avez écoutée ? J’écoutais Fun Radio. Et en vous couchant ? J’écoutais Fun Radio. » En 2017, Médiamétrie décide de ne pas publier les résultats d’audience de la station pour le second trimestre 2016 et la période estivale.

Fun Radio assure que ces messages auraient été diffusés « sans aucune intention de manipuler les résultats d’audience, dans le sillage d’une pratique de marché qui était largement répandue sur le marché de la radio à l’époque des faits ». Elle n’a pas convaincu le tribunal de commerce : l’analyse d’une centaine d’extraits radiophoniques enregistre que le mot « Médiamétrie » associé à Fun Radio avait été prononcé 150 fois, le mot « sondage » à 99 reprises et « audience » à 71 fois.

RTL Group devra s’acquitter seul de l’amende, le groupe M6 « ayant acquis Fun Radio postérieurement à ces faits », a indiqué M6. Une procédure d’appel de cette décision est à l’étude à Fun Radio.

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