« Conscient d’être en crise » : à Marseille, les patients en psychiatrie apprennent à s’écouter

Grégoire, 36 ans, n’a rien oublié de sa première hospitalisation sous contrainte. C’était en 2009, juste après sa première crise de schizophrénie. Des policiers sont venus chez lui, l’ont escorté aux urgences après l’avoir mis au sol en lui expliquant qu’il représentait un danger pour les autres. Treize ans plus tard, que ce soit la condescendance des autorités, la violence de l’intervention ou les menottes jusque dans les toilettes du commissariat, Grégoire n’a toujours pas compris :

« Ça ne se passe pas pareil pour tout le monde mais on va dire que ça marque un peu. »

En France, d’après la Haute Autorité de Santé (HAS), 96 000 personnes ont fait l’objet d’une mesure de soins psychiatriques sans consentement en 2018, qu’il s’agisse d’une hospitalisation à la demande d’un proche, d’un représentant de l’Etat ou d’une situation de péril imminent pour la santé de la personne concernée. Depuis 2011, l’hôpital peut simplement se contenter du certificat d’un médecin tiers pour enclencher une admission [PDF]. Assise en face de Grégoire, Aurélie Tinland, psychiatre des hôpitaux de Marseille et chercheuse en santé publique, souligne à quel point cette angoisse est tentaculaire :

« Je me souviens d’une femme qui n’avait pas été hospitalisée sous contrainte depuis vingt ans et qui avait encore le sentiment que cela pourrait lui arriver demain. »

Psychiatrie hors les murs

Ce jour-là, on assiste à une réunion du Cofor, le Centre de Formation au Rétablissement de la ville de Marseille (Cofor) q

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