Céline Bessière : « Au nom de l’égalité économique dans le couple, les inégalités se creusent »

L’écart moyen de patrimoine entre les femmes et les hommes est passé de 9 % à 16 % entre 1998 et 2015, selon des données de l’Insee analysées par les économistes Nicolas Frémeaux et Manon Leturcq. Quant à l’écart de revenus, il reste important : 42 % en moyenne au sein d’un couple hétérosexuel – en défaveur des femmes.

C’est pourtant au nom de l’autonomie financière des femmes et de l’égalité économique entre les conjoints que l’on rabote ou se prive de rares mécanismes de protection et de redistribution au sein de l’institution économique que constitue le couple.

C’est ce que nous explique Céline Bessière, professeure de sociologie à l’Université Paris-Dauphine, coautrice avec Sibylle Gollac du « Genre du capital » (La Découverte, 2020), qui vient de paraître au format poche. Les deux chercheuses y auscultent la famille et ses arrangements financiers, pour montrer comment les femmes se retrouvent les grandes perdantes du jeu de l’accumulation et de la reproduction du capital. Interview.

Dans « le Genre du capital », vous montrez qu’au sein des familles, la « norme égalitaire » produit, de façon contre-intuitive, des inégalités. Par quels mécanismes ?

Céline Bessière. Nous avons travaillé sur les arrangements économiques dans les familles par le prisme des revenus mais aussi du patrimoine, c’est-à-dire ce qui est détenu par les hommes et les femmes au cours de leur vie. Nous avons été frappées de constater à quel point la norme égalitaire s’est imposée à la fois dans les pratique

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