Carole Bouquet : “Quand je fais du théâtre, je suis complètement accaparée”

Quatorze ans après avoir été Bérénice, Carole Bouquet voulait redevenir l’héroïne de Racine. Muriel Mayette-Holtz la dirige dans une tragédie où amour et raison d’État ne font pas bon ménage.

Que diriez-vous à Bérénice si vous la croisiez dans la rue ?
Je la prendrais dans mes bras et je l’embrasserais. Elle est capable de dire à Titus, son amour : je m’en vais, arrêtez cette violence dont je ne voulais pas. Elle ne se tue pas, elle renonce. Ce don de soi touche au sublime, car rien n’est plus difficile que de renoncer. Cela m’émeut au-delà de tout.

Vous aviez joué cette tragédie voici quatorze ans, sous la direction de Lambert Wilson. Pourquoi y revenir ?
Parce qu’on revient à Racine comme le pianiste à Bach. On ne se lasse pas de l’alexandrin et de cette écriture épurée dont la musicalité crée l’émotion. Il s’agit, avec rigueur, de respecter les vers et de bien dire son texte. Sans cela, l’histoire ne vaut guère mieux qu’un entrefilet dans France Soir.

Quelle différence entre les deux mises en scène ?
Muriel Mayette-Holtz a coupé dans les répliques de Paulin. Ce personnage adresse à Louis XIV un discours politique qui, aujourd’hui, ne parle plus à personne. Nous n’avons plus de Roi-Soleil qui nous commanderait des pièces. Lorsqu’on allège cette partie, il reste l’essentiel : la vie, l’amour, le sacrifice, l’amitié. Cette vie est la nôtre depuis des siècles et pour les siècles à venir.

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