Au Grand Palais immersif, “Venise révélée” ou Venise enlisée ?

Grâce à une animation 3D réalisée à l’aide de drones, le Grand Palais immersif, nouveau lieu culturel parisien, montre la cité des Doges comme on ne l’a jamais vue. À condition de supporter l’expérience, sans génie et dispersée sur une multitude d’écrans.

« Venise révélée » : tel est le sujet de la première exposition du Grand Palais immersif, qui vient d’ouvrir à Paris, dans une partie de l’Opéra Bastille inoccupée depuis plus de trente ans. On y apprend que la Sérénissime, « miracle d’ingénierie, d’architecture et miracle artistique », construite « sur la boue instable d’une lagune », lutte depuis plusieurs siècles contre la mer. Ce dont on se doutait un peu… Mais l’annonce technologique est alléchante : la ville a été entièrement reconstituée selon « un modèle 3D massif, réalisé à l’aide de drones ». Une sorte de super Google Earth, grâce auquel, promis, on verra tout, on saura tout.

Dans un décor bien peu vénitien de béton gris et de parpaings badigeonnés de noir, on se retrouve face à une multitude de sollicitations visuelles et sonores sans savoir par où commencer. Dirigeons-nous à droite pendant qu’à gauche une sentencieuse voix d’homme évoque la naissance de cette étrange république égalitaire sortie des eaux voilà seize siècles. Entre de petits textes, les écrans succèdent aux écrans. Sur un mur, une classique « timeline » résume l’histoire de la cité-État. Un peu plus loin, voici une promenade dans le Grand Canal, platement filmée, avec un curieux ciel noir, mais vidéoprojetée en grand format sur deux murs pour donner le fameux effet « immersif ».

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