À Orsay, le cri d’amour du public français pour Munch

Plus de 700 000 visiteurs entre septembre et janvier : du jamais vu pour une exposition au musée d’Orsay. Si les touristes sont moins au rendez-vous depuis le Covid, le public français est, lui, bien présent, surtout les familles et les jeunes.

Record battu au musée d’Orsay : avec son exposition consacrée au peintre norvégien Edvard Munch, l’institution parisienne a fait sauter ses compteurs : 724 414 visiteurs entre septembre 2022 et janvier 2023, soit la fréquentation la plus élevée jamais enregistrée depuis l’ouverture du musée – « Picasso. Bleu et rose » détenait le précédent record, en 2018, avec plus de 670 000 visiteurs. L’exploit est d’autant plus remarquable que le public ne peut plus voir Le Cri, tableau iconique de l’artiste, qui ne sort plus de Norvège qu’à de très rares exceptions près. Depuis le vol du tableau, en 2004, le pays refuse de le prêter. À la place, on pouvait, à Paris, en admirer des versions gravées.

Si Munch a pulvérisé toutes les attentes, la fréquentation globale d’Orsay en 2022, elle, est en baisse par rapport à 2019 – dernière année « normale » : le musée, très prisé des touristes internationaux, fait les frais de l’absence de ces derniers. Certes les Américains semblent être de retour dans les mêmes proportions qu’avant. C’est moins le cas des Asiatiques, ce qui explique sans doute en partie cette inflexion.

Après deux années de pandémie, l’enjeu pour les grands établissements tels Orsay ou le Louvre est désormais d’arriver à fidéliser un public hexagonal, francilien, de proximité, qui commence à revenir. Le même, dans la vie d’avant, semblait avoir fui les lieux, effrayé à l’idée d’affronter de longues files d’attente et de piétiner à l’intérieur de salles surchauffées. Aujourd’hui, ce public pourrait bien avoir retrouvé l’envie, l’habitude et le chemin des musées, grâce à un confort de visite retrouvé dû, entre autres, à l’absence du flux incessant des touristes parfois impressionnant. Autre enjeu : les familles et les jeunes. À Orsay, la part des moins de 18 ans et celle des billets « Enfants et compagnies » sont en légère hausse. De réjouissantes perspectives, dont l’année 2023 nous dira si elles se confirment.

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